ROUTINE

[ Exposition Demain Peut-Être ? ]

Vidéo
Durée : 1 minutes

L’œuvre Routine nous plonge dans un quotidien angoissant, cyclique et mécanique.
On voit défiler des formes et des lumières de manière répétée et étouffante. La teinte rouge de l’image amplifie cette suffocation. Les plans sont fixes pour évoquer des notions de surveillance ou de contrôle, en rapport avec la dynamique de Routine.

Il y a quelque chose d’hypnotique dans ces mouvements répétitifs. Les images de mâchoires de métal sont coupées par les flashes d’un homme qui se noie. Les défilements s’accélèrent et finissent par se dupliquer symétriquement. On se retrouve face à des machineries sans début et sans fin. La bande son est constituée de bruits d’escalators, de machines grinçantes, et de moteurs qui deviennent de plus en plus forts et saturés pour renforcer le malaise. Ces dernières images sont hallucinées. La vidéo s’arrête brusquement sans laisser de respiration au visionneur. On peut imaginer un protagoniste qui débrancherait en panique la télé pour interrompre cette bouffée d’angoisse.

Routine traduit ce quotidien infernal, étouffant, engendré par des restrictions sur la vie privée. Les escalators rappellent les machines qui extraient des minerais dans des carrières titanesques. Ces escaliers automatiques nous déplacent comme du charbon vers l’usine.

L’esthétique industrielle du métro et les apparitions de cet homme qui suffoque rappellent le Fossile sanglant et le mannequin hyper-connecté à qui il est relié. [Voir « Demain Peut-Être » dans l’onglet Expo]
Le rouge rempli son rôle d’avertissement et présage une fin terrible. L’arrêt net de l’image est une fin ouverte qui permet au visionneur de décider du fin mot de l’histoire. Mais cette minute est l’échantillon d’un futur que j’imagine dévasté par le pire.