Macro-Urbex
Sculpture / Volume / Installation
Quand la nature reprend ses droits.
Les planches exposées dans cette installation ont été soumises au vieillissement et aux intempéries quotidiennes. Elles ont perdu toute leur utilité technologique et pourtant une autre vie vient se frayer un chemin entre les circuits. La mousse s’épaissit et se propage tout en détériorant le réseau en place. On remarque des zones envahies par cette végétation, d’autres paraissent encore intactes. Certaines structures évoquent des concentrations urbaines, d’usines, de logements ou de réseaux routiers.
L’usage de plaques informatiques me permet d’insister sur l’aspect industriel d’une ville. Comme dans un ordinateur, chaque parcelle d’une ville remplie une fonction : récréation, travail, production, etc. Mais ici, les plaques sont explicitement hors d’usage, les anciens rouages de la machine ne tournent plus, la vitesse de la production laisse place à la lenteur de l’abandon, une nouvelle vie prend place..



J’ajoute des LEDs au sein des Cartes électroniques. Avec leur lumière pâle et leur rareté dans ces espaces, elles symbolisent des feux, des potentiels groupes de survivants dans ce monde où la nature a repris ses droits. De plus, ces lumières amplifient la dimension de maquette dans l’œuvre et incitent à la considérer comme une reproduction miniature de nos infrastructures. Presque toute la vie humaine a été balayée. Même en ville, pratiquement tout l’espace est inhabité, inutilisé. Les signes de vie sont donc proportionnellement répartis : des quartiers entiers restent dans l’ombre, et les rares lumières peuvent être très éloignées les unes des autres. Elles sont aussi réparties uniquement dans les zones reconquises par la nature.
Les ruines humaines n’offrent plus de protection et sont même dangereuses puisqu’elles sont susceptibles de s’effondrer à tout moment. Les espaces reconquis par la végétation sont devenus les plus sûrs, les plus riches et les plus utiles.
Certains quartiers industriels sont trop artificiels pour laisser place à la végétation, et représentent les nouveaux déserts. Inutilisables, sans ressource ou utilité, rendus stériles par des lustres de toxicité.


D’autres parties de ce milieu urbain ont une place à part. Crées peu de temps avant l’effondrement des civilisations, elles n’ont cependant pas empêché cette chute. Les grandes cuves bleues évoquent des châteaux d’eau. Elles nous indiquent que des aménagements importants avaient été entrepris pour subvenir à un besoin inquiétant et une population dense. Les murs de métal semblent être d’étranges mais importantes séparations liées à la pollution, au climat ou à d’autre raisons politiques. La vraie amélioration (quoique relative) de la situation, est due à l’effondrement drastique de la population humaine. Les humains ont intérêt à ce que la nature reprenne le plus de place et il n’est pas impensable qu’elle soit aidée par les formes de société qui existeront alors.
